07/11/2009

O-tsukimi


Otsukimi お月見 est une coutûme datant de l'époque Heian 平安 (VIIIème-XIIème siècles), qui consiste à admirer la lune d'Automne. On se rassemble sur les rives d'un étang, pour pouvoir profiter des reflets à la surface de l'eau.

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Autrefois, c'était l'occasion d'organiser des joutes de poésie sur le thème de la pleine lune.

 

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秋の夜の月のひかりしあかければ

くらぶの山もこえぬべらなり

(在原元方 888-953)

 

 

Par une nuit d'automne,

Si la lune répand sa lumière,

Même à travers les sombres montagnes,

Je trouverai mon chemin.

(Ariwara no Motokata, 888-953)

 

 

 

 

 

 

 

 

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山の月花ぬす人をてらし給う

(小林一茶 1763-1838)

 

Derrière les montagnes,

Même au voleur de fleurs,

La lune offre sa lumière

(Kobayashi Issa, 1763-1838)

 

25/10/2009

Bento - Panier repas

 

Pour vous mettre en appétit, voici quelques photos de "bento" 弁当, les paniers repas japonais.

Ils sont la plupart du temps composés de plusieurs okazu 御数 (petite part de viande, poisson, légumes...) qui accompagnent une portion de riz souvent assez conséquente.

 

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Voilà un très beau bento, préparé avec soin par la mère d'une de mes collègues. Même s'il n'y a pas de cantine sur le lieu de travail ou à l'école, de cette façon on a un repas très équilibré.

 

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Voici un autre bento de qualité, steak haché fait maison et mini-bouteille de sauce soja réutilisable en forme de panda.

 

Bien sûr, moi aussi j'ai tenté d'entrer dans la compétition des bento...

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Comme diraient les japonais "ちょっと違います" (chotto tchigaimass), c'est à dire "ce n'est pas tout à fait ça" (euphémisme).

Il faut dire que ce n'est pas évident de préparer des micro-parts de chaque aliment quand on vit seule. Sinon, ça serait un bento identique par semaine, le temps d'écouler les rations minuscules de chaque okazu.

 

30/05/2009

Tatami

 

Pour ceux qui seraient tentés par une pièce en tatami chez eux, je vous dit tout de suite : le tatami traditionnel est "has been".

Maintenant, pour être à la mode il faut avoir un tatami lumineux, le Hikari-Tatami 光畳.

Non pas un tatami bien astiqué ou ciré comme du parquet. C'est plutôt comme le principe du plancher chauffant, sauf que c'est la lumière qui vient du sol.

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Le tatami est une structure de 91 sur 182 cm, de quelques centimètres d'épaisseurs, composée de couches de paille de riz. Dans la couche supérieure du Hikari-Tatami, il y a un réseau de DEL qui permet d'éclairer de l'intérieur. Il est pour l'instant surtout utilisé dans des restaurants, en partie à cause de son prix (100 000 Yen pour 1 demi tatami, soit environ 890 Euro par mètre carré) qui le rend peu accessible aux particuliers.
Bien sûr, il y a d'autres inconvénients : ce type de lumière ne met pas en valeur (cf : nos jeux d'enfants avec une lampe torche sous le menton...) et il faut faire aussi attention à ne pas porter de jupes trop fines, ça peut être embarrassant.

Pour l'instant, il n'existe qu'en lumière blanche mais très bientôt on pourra en trouver en rouge ou violet. Moi personnellement, je ne serais pas preneuse tant qu'il n'y aura pas le tatami planétarium.


22/05/2009

Pour le plaisir des yeux

A une dizaine de minutes à pied de chez moi, se trouve le quartier de Suidobashi 水道橋. Je vous recommande la promenade qui va jusqu'à Ochanomizu 御茶ノ水, à la tombée de la nuit. Noyés dans cette lumière particulière, les bâtiments qui longent la rivière se parent des couleurs du ciel...

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En japonais, pour dire "c'est un plaisir pour le regard", on utilise l'expression "目の保養にしています" (méno hoyo ni chitéimass) qui se traduit littéralement par "ça régénère mes yeux"

L'expression "目の保養" (méno hoyo) s'utilise aussi pour parler de quelqu'un de vraiment très séduisant. A l'origine, c'était surtout les ojiisan おじいさん (vieux) qui se servaient de cette expression pour parler des jeunes femmes, mais maintenant c'est devenu à la mode pour les femmes de dire ça d'un beau jeune homme.

A l'opposé, on a le "目の毒" (méno dokou) : "c'est du poison pour l'oeil" pour quelque chose que l'on ne peut pas s'offrir. Ca exprime plutôt l'idée d'une forte tentation tournée vers un objet.

Dans la catégorie "expressions concernant le regard", il y en a des plutôt drôles, comme "目に入れても痛くない" (méni irétémo itakounaï) qui signifie "on se le mettrai dans l'oeil, ça ne pourrait même pas faire mal". C'est utilisé pour parler de quelque chose de très mignon, mais plutôt dans le genre "petit et mignon" (un bébé, un chiot...). Donc ça ne peut pas être utilisé comme technique de drague. Sauf si c'est pour complimenter l'animal de compagnie de l'élu de votre coeur.

Pour conclure, une expression - que je ne peux pas utiliser - qui est l'équivalent de "de mon vivant" ou "il faudra me passer sur le corps" : "目の黒いうちに" (méno kouroï outchini), ou "tant que mes yeux seront noirs" pour ce qui de la traduction mot à mot.

En vous souhaitant une bonne pratique du japonais à tous!

 

 

09/05/2009

La raison pour laquelle...

... je reste au Japon:

Je ne partirai que lorsque ma mission de sauvetage de la langue française à Tokyo sera accomplie.

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C'était une belle tentative de la part de ce café "français" de Tokyo, qui a malheureusement échouée dès le 4ème mot.

J'avais tenté de traiter le problème à la source en donnant des cours d'initiation à la langue française dans les écoles primaires. Je crois cependant que les enseignants n'ont pas tellement apprécié que je fasse circuler parmi les élèves des pièces de monnaies, en insistant sur la mention "liberté, égalité, fraternité". Le terme "Egalité" surtout semblait incompatible avec le système hiérarchique kohai/sempai instauré dans les établissements scolaires. Ce système régit même la manière dont un élève va appeler son camarade d'école. Par exemple, un élève de 6ème appellera un élève de 5ème "sempai" et l'élève plus âgé l'appellera par son nom de famille suivi du suffixe "kun". Vous êtes déjà perdu? C'est normal, vous n'avez pas grandi dans un système où chacun doit être constamment conscient de sa position hiérarchique, et ce dès l'âge de 11 ans.

En tant qu'étrangère, je suis hors du système. Si je suis dans un groupe de japonais, je peux deviner quelle serait ma position hiérarchique si j'étais moi-même japonaise et je peux choisir le niveau de politesse adéquate pour m'adresser à chacun d'entre eux. Mais très honnêtement, aucun japonais ne s'attend à ce que je le fasse et quand bien même je le ferais à la perfection, ça ne voudra aucunement dire que j'aurai le droit à cette place que j'ai pourtant su définir. Voilà pourquoi on dit que c'est impossible pour un étranger de s'intégrer dans la société japonaise.

Ca ne veut pas pour autant dire que toute les portes nous sont fermées, bien au contraire. Si par intégration, on veut dire créer des liens d'amitié, profiter de ce que les échanges culturels peuvent nous apporter, trouver un travail, voir même fonder une famille, alors il est tout à fait possible de s'intégrer au Japon.

On peut donc choisir d'appliquer les codes du langage pour le fun ou les ignorer complétement. Néanmoins, pour arriver à un bon niveau d'intégration, c'est-à-dire celui d'une amitié forte ou plus avec des individus japonais, il est essentiel de comprendre parfaitement le système hiérarchique. Si l’on considère que toute relation saine repose sur une compréhension mutuelle, on ne peut alors pas ignorer quelque chose qui influence (ou régit) les personnes avec qui on prétend partager notre vie. En ça, la vie d’un étranger, soi-disant exclu du système, est tout de même gouvernée par celui-ci.

12/04/2009

Le chemin des poètes


A Tokyo, un des meilleurs endroits pour profiter du o-hanami お花見 est un sentier baptisé Chidorigafuchi 千鳥々淵, aux abords du palais impérial. Je vous propose une balade le long des douves du palais au lever du jour, le tout en poésie.


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"Du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas, c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin on vit au présent."

(Extrait de Demain, de Robert Desnos)














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Les cerisiers sont en fleurs, il semble
Comme un léger nuage
Le printemps sous forme de brume,
Une certaine vision du monde

(D'après Shikishi Naishinno 式子内親王)

 

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Quand reverrai-je quelque chose de comparable?
Dans les plaines de Katano
A la recherche d'un cerisier
Les fleurs tombent comme de la neige
Le printemps à l'aube

(D'après Fujiwara no Shunzei 藤原俊成)













Et pour ceux qui veulent encore plus de photos du o-hanami, cliquez ici :

04/04/2009

Dans l'air du temps

 

Voilà le printemps bien installé! A Ueno, l'étang n'est plus recouvert pas les nénuphars géants et on peut enfin apercevoir la surface de l'eau.

 

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A l'intérieur du parc, les pelouses sont protégées par un réseau dense de cordes、afin de ne pas être envahies par les bâches de pique-niques.

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Pour une fois dans l'année, les cartons et les bâches bleues ne sont pas synonymes d'habitat précaire et les sans-abris se fondent dans la foule venue pour le o-hanami.

 

Un peu plus loin, dans le sanctuaire Shinto Yushima-tenjin 湯島天神, les lycéens viennent accrocher un Ema 絵馬(plaquette en bois) comme prière pour la réussite au concours d'entrée des universités.

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Non loin de là, à Korakuen 後楽園, on vient contempler le "cerisier pleureur", qu'on appelle ici Shidare-zakura 枝垂桜...

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...et apprécier la variation subtile des teintes des arbres en fleur.

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01/04/2009

Sayonara Zetsubo Sensei

Pour le 1er avril, je vais vous présenter un aspect de l'humour japonais, sous la forme d'un manga, ou plutôt de son adaptation en série animée. Il s'agit de Sayonara zetsubo sensei さよなら絶望先生, que l'on peut traduire comme "au revoir, professeur Désespoir". L'histoire est centré sur le personnage d'Itoshiki Nozomu 糸色望, professeur principal au lycée et de ses élèves. Ce cadre est juste un prétexte pour critiquer la société contemporaine, d'où un certain manque de cohésion au cour des épisodes. Néanmoins, la série reste intéressante comme découverte de certaines spécifités japonaises, même si toute les références sont parfois difficiles à comprendre.

Cet extrait de l'épisode 9 met en scène un des personnages principal, Sekiutsu Maria Taro 関内マリア太郎, immigrée clandestine qui découvre et interprète à sa façon la culture japonaise. Après avoir vu à la télévision un Manzaï 漫才, sorte de spectacle comique où le Boké ボケ (imbécile) se fait frapper par le Tsukkomi 突っ込み (celui qui interrompt) à chaque fois qu'il profère une bêtise, Maria décide d'endosser le rôle de Tsukkomi et de remettre de l'ordre dans la société japonaise. Elle lui suffit juste de prendre le terme de "boké" dans son sens "être à côté de la plaque" pour trouver ses cibles.

 

24/03/2009

hatsuzakura


初桜
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J'emprunte à John Keats les mots pour décrire les cerisiers qui viennent à peine de fleurir:

A Thing of beauty is a joy for ever:
Its loveliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing.

04/03/2009

Hakone - 2ème partie

Après une bonne nuit de sommeil dans nos futons moëlleux, on se lève non pas aux aurores, mais presque.

La lumière est belle et je ne peux m'empêcher d'aller sur le balcon, encore en pyjama. L'air frais de cette matinée d'hiver finit de me réveiller complétement.

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On décide de profiter de l'autre bain de l'hôtel, celui qu'on n'avait pas pu tester la veille, avant le petit déjeuner.
On se dirige ensuite vers la salle commune où nous attend le asagohan 朝ごはん, tout ce qu'il y a de plus traditionnel : saumon grillé, yuba tofu (sorte de tofu très mou), omelette sucrée (yaki-tamago 焼き卵), soupe miso aux coquillages et natto 納豆.
Je force ma cousine à goûter au natto. Ca fait partie des expériences typiquement japonaise. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est du soja fermenté. Dis comme ça, ça ne parait pas bien méchant mais en vérité, ça pue comme une vieille chaussette de sport et ça fait des fils comme la salive des aliens dans le film du même nom. Cependant, le goût n'est pas si fort et n'importe quel japonais vous dira que c'est "hééélshiiii" (c'est-à-dire healthy, bon pour le corps).
Le natto est très souvent vendu en barquette bien scellée. On le mange en le mélangeant à une bonne dose de moutarde et de sauce soja, accompagné de riz.
Ma très chère cousine n'est pas convaincue par cet aspect de la gastronomie japonaise. Pourtant elle le déguste grain par grain, avec certaines pertes occasionnées par l'attraction gravitationnelle.

Une fois le repas terminé, on reprend les télécabines qui survolent Owakudani pour admirer la vue sur Mont Fuji 富士山 (fuji-san). Il n'y a quasiment que son sommet enneigé qui se détache sur le ciel bleu.
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On monte ensuite voir la fabrication des onsen tamago 温泉たまご. Le chemin est parsemé de pancartes "danger de mort"; "vous montez à vos risques et périls"; "il se peut que la production d'onsen-tamago soit interrompue".
Les onsen-tamago sont en fait des oeufs cuits dans les sources 80°C. Leur coquille devient noire et l'intérieur de l'oeuf légèrement gris. Pour le goût, je ne peux pas dire, car on n'avait pas vraiment d'appétit après le petit déjeuner de l'hôtel.

On reprend les téléphériques, mais pour descendre l'autre versant de la montagne. On se retrouve alors au bord du lac Ashinoko 芦ノ湖. Juste le temps d'une balade au bord des rives et c'est l'heure de prendre le kitchissime bateau pirate qui nous amène à Hakone-machi. Malheureusement, le temps s'est couvert et on ne peut pas profiter de la célèbre vue du Mont Fuji se reflétant dans le lac.

L'après-midi, on décide d'aller dans un établissement de bains célèbre pour ses rotemburo 露天風呂, c'est-à-dire ses bains à ciel ouvert.
Le bâtiment en bois rappelle le film de Miyazaki "Le voyage de Chihiro", les esprits en moins. Le parquet grince sous nos pas et on accède aux vestiaires par d'étroits escaliers en bois sombre.
Après s'être deshabillées, on accède à une première salle où il y a une rangée de gros robinets à 50 cm du sol, chacun surmonté d'un miroir. Tous sont équipés d'un tabouret et d'un bac en bois. C'est la coutûme de se laver assis avant d'accèder aux bains.
Le 1er bain est à l’intérieur. Il est bouillant et je ne peux pas retenir le « p…… c’est chaud ». Je pense aux crabes ou aux homards qu’on plonge vivants dans l’eau bouillante. On a d'ailleurs en commun de devenir pareillement rouge. Les japonaises rigolent bien en me regardant respirer un grand coup et persévérer dans mon immersion.
On y reste à peine 3 minutes et on se dirige vers les bains extérieurs, la peau fumante dans le froid de l’hiver. Je me plonge dans un bain d’eau calcaire à température « normale », à savoir avoisinant les 40°C. On pourrait s'y prélasser des heures, mais il y a 5 bains différents à tester!
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On voit l’eau qui descend de la montagne courir sur les rochers et arriver dans les bassins en pierre.
On profite aussi un peu du sauna et je plonge la pointe de mes orteils dans le bain glacé, pour dire que j’aurais tout essayé.

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