22/05/2009
Pour le plaisir des yeux
A une dizaine de minutes à pied de chez moi, se trouve le quartier de Suidobashi 水道橋. Je vous recommande la promenade qui va jusqu'à Ochanomizu 御茶ノ水, à la tombée de la nuit. Noyés dans cette lumière particulière, les bâtiments qui longent la rivière se parent des couleurs du ciel...

En japonais, pour dire "c'est un plaisir pour le regard", on utilise l'expression "目の保養にしています" (méno hoyo ni chitéimass) qui se traduit littéralement par "ça régénère mes yeux"
L'expression "目の保養" (méno hoyo) s'utilise aussi pour parler de quelqu'un de vraiment très séduisant. A l'origine, c'était surtout les ojiisan おじいさん (vieux) qui se servaient de cette expression pour parler des jeunes femmes, mais maintenant c'est devenu à la mode pour les femmes de dire ça d'un beau jeune homme.
A l'opposé, on a le "目の毒" (méno dokou) : "c'est du poison pour l'oeil" pour quelque chose que l'on ne peut pas s'offrir. Ca exprime plutôt l'idée d'une forte tentation tournée vers un objet.
Dans la catégorie "expressions concernant le regard", il y en a des plutôt drôles, comme "目に入れても痛くない" (méni irétémo itakounaï) qui signifie "on se le mettrai dans l'oeil, ça ne pourrait même pas faire mal". C'est utilisé pour parler de quelque chose de très mignon, mais plutôt dans le genre "petit et mignon" (un bébé, un chiot...). Donc ça ne peut pas être utilisé comme technique de drague. Sauf si c'est pour complimenter l'animal de compagnie de l'élu de votre coeur.
Pour conclure, une expression - que je ne peux pas utiliser - qui est l'équivalent de "de mon vivant" ou "il faudra me passer sur le corps" : "目の黒いうちに" (méno kouroï outchini), ou "tant que mes yeux seront noirs" pour ce qui de la traduction mot à mot.
En vous souhaitant une bonne pratique du japonais à tous!
16:37 Publié dans Japon 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09/05/2009
La raison pour laquelle...
... je reste au Japon:
Je ne partirai que lorsque ma mission de sauvetage de la langue française à Tokyo sera accomplie.
C'était une belle tentative de la part de ce café "français" de Tokyo, qui a malheureusement échouée dès le 4ème mot.
J'avais tenté de traiter le problème à la source en donnant des cours d'initiation à la langue française dans les écoles primaires. Je crois cependant que les enseignants n'ont pas tellement apprécié que je fasse circuler parmi les élèves des pièces de monnaies, en insistant sur la mention "liberté, égalité, fraternité". Le terme "Egalité" surtout semblait incompatible avec le système hiérarchique kohai/sempai instauré dans les établissements scolaires. Ce système régit même la manière dont un élève va appeler son camarade d'école. Par exemple, un élève de 6ème appellera un élève de 5ème "sempai" et l'élève plus âgé l'appellera par son nom de famille suivi du suffixe "kun". Vous êtes déjà perdu? C'est normal, vous n'avez pas grandi dans un système où chacun doit être constamment conscient de sa position hiérarchique, et ce dès l'âge de 11 ans.
En tant qu'étrangère, je suis hors du système. Si je suis dans un groupe de japonais, je peux deviner quelle serait ma position hiérarchique si j'étais moi-même japonaise et je peux choisir le niveau de politesse adéquate pour m'adresser à chacun d'entre eux. Mais très honnêtement, aucun japonais ne s'attend à ce que je le fasse et quand bien même je le ferais à la perfection, ça ne voudra aucunement dire que j'aurai le droit à cette place que j'ai pourtant su définir. Voilà pourquoi on dit que c'est impossible pour un étranger de s'intégrer dans la société japonaise.
Ca ne veut pas pour autant dire que toute les portes nous sont fermées, bien au contraire. Si par intégration, on veut dire créer des liens d'amitié, profiter de ce que les échanges culturels peuvent nous apporter, trouver un travail, voir même fonder une famille, alors il est tout à fait possible de s'intégrer au Japon.
On peut donc choisir d'appliquer les codes du langage pour le fun ou les ignorer complétement. Néanmoins, pour arriver à un bon niveau d'intégration, c'est-à-dire celui d'une amitié forte ou plus avec des individus japonais, il est essentiel de comprendre parfaitement le système hiérarchique. Si l’on considère que toute relation saine repose sur une compréhension mutuelle, on ne peut alors pas ignorer quelque chose qui influence (ou régit) les personnes avec qui on prétend partager notre vie. En ça, la vie d’un étranger, soi-disant exclu du système, est tout de même gouvernée par celui-ci.
17:27 Publié dans Japon 2009 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12/04/2009
Le chemin des poètes


(D'après Shikishi Naishinno 式子内親王)

13:55 Publié dans Japon 2009 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





