16/11/2008

Théâtre Noh

Il y a quelques semaines, j'ai été invitée par des amis à voir une représentation de Noh.
Le Noh 能 est un style théâtral qui est apparu au Japon à la période médiévale (Muromachi 室町 1333 - 1573) et qui s'est développé principalement à l'époque Edo (江戸 1603 - 1868) grâce au protectorat de la classe dirigeante.

A l'origine, les pièces de Noh étaient jouées en extérieur, sur une scène couverte d'un toit semblable à ceux des temples. De nos jours, on entre dans une immense salle qui contient une scène en bois contruite sur le même modèle. Des loges, les acteurs empruntent un passage couvert pour y accéder.

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Le décor se compose d'un immense pin sur fond uni. Epuré et immuable, il est représentatif de l'esprit du Noh.

Sur scène, il y a 3 joueurs de tambour et un flûtiste qui ponctuent leur musique de "cri" (chant?). Sur la droite, le choeur fait la narration.

Tous les acteurs sont des hommes. Ils portent, pour jouer les différents rôles, des masques qui réduisent considèrablement leur champ de vision. De ce fait, les déplacements et les mouvements de danse sont très petits, exécutés avec lenteur et retenue.

Pour habiller un acteur, il faut l'aide de 4 assistants. Le costume se compose de différents vêtements superposés et chaque pièce est une véritable oeuvre d'art. Ils sont conçus en utilisant les techniques les plus complexes du travail de la soie. Les deux exemples ci-dessous proviennent de costumes datant du 16ème siècle, exposés récemment au Tokyo National Museum.

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La représentation à laquelle j'ai assisté était celle d'une pièce appelée Hagoromo 羽衣 - le vêtement de plumes.

Un pêcheur accoste tout près d'une plaine de pins. Il est attiré par une musique qui semble venir du ciel, le parfum dans l'air, une pluie de fleurs. Et sur un des arbres, un manteau mystérieux.

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Il s'agit d'un vêtement de plumes dont il s'empare, bien décidé à en faire un trésor de famille.
Or, celui-ci appartient à un être céleste, gardienne du palais des cieux. Sans ce manteau, elle ne peut plus voler à travers les airs et retourner parmis les siens.
Cependant le pêcheur n'est pas décidé à le lui rendre. "Et pour toi, ce monde serait-il un lieu si pitoyable dans lequel demeurer?"
L'être céleste commence à montrer tous les signes de sa mort prochaine : "Je scrute le ciel et la voie des nuages est incertaine. Egarée dans le brouillard qui se lève, j'ai perdu la mémoire du chemin. Etrange chagrin qu'est le mien."

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A la vue de cet être à l'agonie, le pêcheur décide de lui rendre le manteau, à condition qu'elle exécute pour lui une danse.
Elle ne peut le faire sans être d'abord en possession de son manteau. Il hésite, pensant qu'elle s'envolera aussitôt. "Le doute est le propre des mortels, notre nature est exempte de fourberie" lui répond-elle.
Il se sent honteux de ses propos et lui retourne son vêtement de plumes.
Elle danse alors pour la beauté de ce jour de printemps dans la plaine des pins, pour le vent qui porte le parfum des cieux et pour la fleur d'olivier qui s'épanouira à la lumière de la lune. Puis elle prend son envol et disparait dans les nuages.
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Pour le texte intégral en anglais, cliquer ici

 

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