26/06/2008
Ce qui me manque
Comme certains pourraient le croire, je ne suis pas une sans-coeur qui aurait tout oublié de sa précédente vie. Bien au contraire, il y a de nombreuses choses que j'ai du abandonner et qui me manquent dans ma vie quotidienne.
- Les soirées entre amis, assis sur un banc, à la Flamme
Avec son traditionnel contrôle d’identité, parce qu’être assis dans un endroit où l’on ne paie pas pour être assis, c’est suspect
- Le service de qualité de Ladurée
Le niveau supérieur serait d’écraser le gâteau sur le visage du client
- Le paysage idyllique de La Porte de La Chapelle
Notamment la déchetterie à la tombée de ma nuit, quand on y voit des gens fouiller dans l’espoir de trouver… je ne sais pas, à vrai dire
- Le RER A (surtout aux heures de pointe)
Nettoyé une fois l’an, je lui suis redevable d’être immunisée contre toute attaque bactériologique.
- Le Starbuck
Parce que j’aime voir mon prénom *à moitié* gribouillé sur une tasse en papier, comme si la personne qui l’avait écrit m’en voulait profondément pour une raison obscure.
Bien sûr, le fait de vivre à Tokyo offre certaines compensations, qui rendent ma vie de tous les jours très agréable.
- Les soirées entre amis, mais peut-être pas dehors
- N'importe quel magasin japonais, avec sa politesse de pointe
Débitée avec une telle sincérité, que le niveau supérieur serait de remplacer le vendeur par un robot
- Le charmant quartier de Roppongi-Itchome (六本木 ou "6 arbres")
Il y avait peut-être 6 arbres à l'origine, mais ils ont été remplacé par une série de routes sur plusieurs niveaux
- Le métro (surtout à partir de 22h30)
Et son odeur d’éthanol… Annonce à tous les salarymen qui me lisent : Le saké, ça se boit, ça ne se porte pas comme eau de Cologne.
- Le Starbuck
Qui propose du gâteau « chiffon » au thé vert pour accompagner le café du jour, glacé uniquement. Sans commentaire.
10:20 Publié dans Japon 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23/06/2008
明治神宮- Meiji-jingu
Le sanctuaire shintoïste Meiji-jingu est un de mes endroits préférés de Tokyo. Peut-être celui que j'aime le plus, en fait.
Cependant je ne ferai pas aujourd'hui un article détaillé sur ce lieu, car jusqu'à présent je n'ai pas réussi à faire les photos qui illustreraient parfaitement mes propos.
Il se trouve que dimanche dernier, j'y étais en même temps qu'on y célébrait une cérémonie de mariage. Je pense être arrivée vers la fin, à moins que le sacrement shinto du mariage soit du genre expéditif.
Les mariés se sont gentiment inclinés devant le prêtre. Pour que la mariée puisse se pencher autant que son futur époux, il faut qu'une "dame d'honneur" retienne sa lourde coiffe. Cela évite certains incidents diplomatiques, comme d'assommer le grand prêtre de Meiji-jingu avec sa perruque de cérémonie.

Une fois la révérence tirée, le couple s'en va main dans la main, le sourire aux lèvres... ou presque.
La dame d'honneur attitrée à la coiffe laisse sa place à la dame d'honneur tenant le pan gauche du kimono de mariage. Je voudrais faire remarquer que ce pan de tissu ne trainait pas par terre et que le fait que quelqu'un s'agrippe à son kimono empêche légèrement la mariée de rejoindre le marié (qui lui n'a personne accroché à son pantalon, entre nous soit dit).

Ensuite, vient le moment de la photo de groupe. Pas de rires. Ni de grains de riz qui volent dans tous les sens. D'ailleurs je pose la question à tous mes lecteurs : pourquoi est-ce en Occident qu'on jette du riz sur les mariés pour leur porter chance, et pas au Japon?
Je délaisse l'heureux événement pour tenter de faire quelques photos du qui rendrait justice à la beauté de ce sanctuaire, mais en vain...
C'est alors qu'au détour d'une porte, je retrouve l'heureux couple des nouveaux mariés.

A l'abri de la pluie sous le rebord du toit, ils ont l'air de plaisanter sur le fait que l'oncle Jean-Claude s'est endormi pendant la cérémonie ou que la grand-tante Jacqueline a mis ses tabi (chaussettes) à l'envers.
Mais voilà que mon objectif espion est repéré...

Un peu gênée d'avoir pertuber leur moment de répit, je les quitte en pensant : "mariage pluvieux, mariage heureux" ... quels chanceux!
17:28 Publié dans Japon 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15/06/2008
Ode à Bunkyo-ku
Après avoir vécu sur le Mont-Valérien puis à Montmartre, voilà que j'ai emménagé à Tomisaka 富坂 (Mont-tomi) dans une partie du district de Bunkyo-ku 文京区 appelée Kasuga 春日 (Jour de printemps). Le batîment où se trouve mon appartement est tout aussi poétiquement appelé Sei-sei-en 靖々苑 (paisible paisible parc), ce qui évoque plus pour moi le nom d'un cimetière que celui d'une habitation idyllique. Peut-être n'est -ce pas si mal choisi, si l'on considère l'âge canonique de la majorité des occupants?
Je tiens à rendre hommage à ma terre d'accueil, par une ode comme je n'en avais plus écrite depuis celle de La Gomme et celle du Tiramisu de Mumu. Je ne vous fais pas attendre davantage.
Ode à Bunkyo-ku
Dans la forme de tes rues
Seul le parfum salé du vent
Dessine en filigrane
Les contours de la mer
Mon regard ne pourra pas éternellement
suivre la ligne changeante des maisons
Mon esprit ne pourra pas indéfiniment
Se perdre dans le jeu des ruelles
Mais à l'heure des rêves
Mon ombre continuera
D'arpenter ce Jour de Printemps
Alors qu'au fond de moi
Ton souvenir formera
L'ombre de mon coeur
15:58 Publié dans Japon 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




