26/04/2008

Petit vocabulaire du travail

 

J'ai décidé de vous offrir une petite leçon de japonais. C'est du vocabulaire assez spécifique mais qui pourra s'avérer utile un jour, éventuellement. 

Tout ce qu'il faut savoir pour survivre au Japon

... quand on est une française travaillant dans un restaurant chinois.

 Pour situer le contexte, j'ai commencé à apprendre le service avec une équipe entièrement japonaise, mais depuis j'ai l'occasion de travailler avec d'autres gaijins (un français et un guatémalais pour être exacte). Il y a donc beaucoup de mots que je n'utilisais qu'en japonais et qu'il faut maintenant que j'emploie en français et en anglais. J'ai donc décidé de ne pas faire l'effort de la traduction, mais juste une adaptation dans la langue de Molière et de Shakespeare, pour ne citer qu'eux.

Je commence par le plus important : le quiacoussane. C'est ainsi qu'on appelle le client, du japonais 客さん kyakusan. D'où l'utilisation de l'expression : "est-ce qu'il y a du quiacoussane?" pour savoir si l'on doit quitter les activités récréatives proposées en cuisine pour rejoindre la salle principale. Je me sers aussi de la variante anglaise : "is there some kiackoosan?"

S'il y a effectivement des quiacoussanes, mon travail consiste principalement à "motter" les plats de la cuisine vers la salle (du verbe 持つ : porter, tenir).

Arrivée au niveau du comptoir, j'annonce le plat et la table, pour que mon collèque puisse le "tchéquauchiter", c'est-à-dire rayer le plat de la liste ( チェックをして "faire le check" en traduction mot à mot). Si c'est mon homologue belge qui s'occupe de cette opération, ça donne quelque chose comme : " le soubouta de la deux-tacou". Tacou 卓 étant le mot que les japonais ajoutent pour signifier qu'ils comptent une table (et soubouta, le porc sauce aigre-douce, pour ceux qui se poseraient la question). 

Une fois que le quiacoussane a terminé son repas, il faut "saguetter" la table ( de 提げる sageru, emporter avec soi). L'emploi le plus courant est dans l'expression "tu vas saguetter la cinq-tacou?"

Comme je l'ai mentionné précédemment, les réjouissances ne résident pas uniquement en salle, mais aussi en cuisine.

Le journée débute souvent par le ochiborinotauqui ( お絞りの時) : c'est ainsi que j'appelle l'activité matinale qui consiste à rouler les petites serviettes humides (oshibori) que l'on donne aux clients avant qu'ils ne débutent leur repas. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais les japonais ne comprennent pas vraiment quand j'emploie ce terme, qui pourtant ce traduit mot à mot par "le temps des oshibori". Ils ne sont peut-être pas habitué à notre expression "c'est l'heure de ...".

Le service se termine toujours par le fuquihaguet. Cette fois si il s'agit d'une tournure de langage japonaise que l'on n'a pas en français. Pour faire quelque chose pour quelqu'un, on emploie le verbe donner (上げる haguéru). Cette activité s'appelle donc très noblement : Le don du fuquit. Où le fuquit est en fait l'action d'essuyer (拭く : essuyer), que j'exécute pour le maître d'hôtel. Pour faire simple, j'essuie la vaisselle avant de la ranger.

Lorsque l'on parle de l'action en elle-même entre collègues, il s'agit du fuhitage ou du fooiting. Par exemple: "est-ce qu'il y a du fuitage?", "On va d'abord fuhiter les verres" ou bien "I think I'm going to do some fooiting".

 A la fin du service, j'ai deux options. Il peut être l'heure de la quiouqueille 休憩, c'est-à-dire la pause. Dans l'autre cas, je peux rentrer chez moi et on parle alors du "tsoucarré ça m'a".

Le "tsoucarré ça m'a" vient du verbe 疲れる, se fatiguer. En fait, il s'agit d'une expression que les japonais utilisent pour se féliciter mutuellement de s'être bien crevés à la tâche.

Ces deux termes sont employés assez souvent : "j'espère que c'est bientôt la quiouqueille"; "Et là, tu pars en quiouqueille ou c'est le tsoucarré-ça m'a?"

 

Je termine cette leçon de japonais par une expression que je n'utilise pas au travail, mais que j'aime beaucoup: "waouh c'est chaud!" 和洋折衷 (wa-yo-sei-chu). Ces quatre caractères combinés forment en fait un seul mot qui veut dire "tirer le meilleur parti de la culture japonaise et de la culture occidentale". 

 

Sur ce, au tsoucarré ça m'a! 

 

 

 

09/04/2008

Les Mille Grues - 千羽鶴

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D'après la légende, celui qui aura plié mille grues en papier verra son voeu le plus cher se réaliser.

Bien sûr, j'écris le mot "grue" pour faire sérieux, mais je pense très fort au terme "cocotte en papier"...

(les Mille Cocottes, ça sonne comme un nom de cabaret parisien, non?)

 

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Cette photo n'a pas été posté tant dans le but de mettre en valeur un aspect de la culture japonaise que dans celui de citer Angus et sa célèbre devise : "Paix comme Amitié!" 

Inochinonamae

La musique est composée par Joe Hisaichi pour le film "le voyage de Chihiro" de Miyazaki Hayao.

Cette version est chantée par Hirahara Ayaka.

Juste pour le plaisir de la musique...

 

命の名前

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青空に線を引く
飛行機曇の白さは
ずっとどこまでも

ずっと続いてく
明日を知ってたみたい

胸で浅く息をしてた
熱い頬さました風も おぼえてる

未来の前にすくむ手足は
静かな声にほどかれて
叫びたいほど懐かしいのは
一つの命 真夏の光
貴方の 肩に 揺れてた 木漏れ日

つぶれた白いボール
風が散らした花びら
二つを浮かべて 見えない川は
歌いながら流れてく

秘密も嘘も喜びも
宇宙を生んだ神様の 子供達


*
未来の前にすくむ心が
いつか名前を思い出す
叫びたいほど愛しいのは
一つの命 帰りつく場所
私の 指に 消えない夏の日

 

Jardin botanique de l'université de Tokyo

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The sun does arise,

And make happy the skies;

The merry bells ring

To welcome the spring;

The skylark and thrush,

The birds of the bush,

Sing louder around

To the bell's cheerful sound,

While our sports shall be seen

On the Echoing Green.


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Old John with white hair,

Does laugh away care,

Sitting under the oak,

Among the old folk.

They laugh at our play,

And soon they all say:

"Such, such were the joys

When we all, girls and boys,

In our youth time were seen

On the Echoing Green."

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Till the little ones, weary,

No more can be merry;

The sun does descend,

And our sports have an end.

Round the laps of their mothers

Many sisters and brother,

Like birds in their nest,

Are ready for rest,

And sport no more seen

On the darkening Green.
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Echoing green, de William Blake (Songs of Innocence and Experience)

02/04/2008

Sakura à Bunkyo-ku

末世末代でもさくらさくら哉

Monde corrompu

Dans ses derniers instants

Mais les cerisiers sont en fleur 

 

[Haiku de Kobayashi Issa] 

 

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  Pour que tout le monde profite du o-hanami!

  

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