04/12/2007
Okuno-In
Pour arriver jusqu'au temple Okuno-In, il faut cheminer à travers le cimetière bouddhique de Koya-San.
La pluie abondante avait laissé place à un lèger brouillard, comme si l'eau tombée ce matin était restée dans l'air, pour me tenir compagnie.
Sur le chemin, il y avait 3 japonais - un homme et 2 femmes d'une cinquantaine d'années - qui commentaient les inscriptions des tombes. Ils lisaient à voie haute les histoires gravées dans la pierre et j'essayais de comprendre quelques mots, souvent en vain.
Ils se sont arrêtés pour se prendre en photo, dans leurs uniformes blanc à col mauve qui permet de reconnaître les bouddhistes en pélerinage. Je m'arrêtais aussi et leur proposais de les prendre tous les 3 en photo. C'était la première phrase en japonais que je faisais à la volée et ça a donné quelque chose du genre "isho ni shashin ka" (en gros "une photo ensemble?") avec de beaux gestes des mains pour expliquer le tout.
Ils ont accepté avec le sourire, en répétant "ishoni shashin" comme si c'était quelque chose de très mignon et d'un peu marrant à la fois.
Après cette brève séance photo, ils ont commencé à engager la conversation. C'était assez difficile, étant donnée que seul le monsieur parlait quelques mots d'anglais. Au bout de quelques minutes de marche, nous sommes arrivée au temple proprement dit. Là ils m'ont offert des batons d'encens que j'ai allumés avec une petite bougie (ils me l'ont laissée en souvenir). Puis je les ai plantés dans un énorme pot à encens à l'entrée du pavillon principal (Toro-do).
Nous sommes ensuite entrés dans le Toro-do pour la prière 経 (Kyou) qui consiste à réciter des sutras, le dos légèrement courbé, les mains jointes au niveau de la tête. Je ne comprenais rien à la prière, sauf le nom d'Amithaba qui revenait sans cesse. [son culte est au centre du bouddhisme de la Terre Pure, auquel appartiennent tous les temples du Mont Koya.] C'était tout de même un instant magique, qui semblait hors du temps: sortir de la brume pour entrer dans ce lieu de lumière venant de centaines de lampes et chercher le calme au son de cette prière à demi-chantée.
Après ce court moment de recueillement, nous avons rejoint une autre partie du temple où les moines signent les cahiers des pélerins. D'après ce que j'ai compris, le pélerinage qu'avaient entrepris mes nouveaux amis consistait à faire 80 temples à travers tout le Japon. A chaque temple, ils devaient faire signer leur carnet par un moine. Y aurait-il par hasard un contrôle des présences pour l'entrée en Terre Pure?
Une fois le pointage céleste effectué, nous sommes repartis vers l'entrée du cimetière. Nous avons beaucoup parlé de la France, car ils y avaient été plusieurs fois. Nous avons chanté ensemble "Les feuilles mortes" à tue-tête dans le cimetière. L'entrée du cimetière se rapprochait et notre temps ensemble s'amenuisait... et il a fallu se dire "au revoir"
"Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais"
Je n'oublierai pas ceux qui m'appelait マドモアゼル (Mademoiselle)...
...parce que mon nom est imprononçable en japonais.

09:30 Publié dans Japon 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





Ecrire un commentaire